Nous avons eu le grand plaisir d’échanger avec Laura C., infirmière puéricultrice dans un centre hospitalier de niveau 3. Elle nous présente son métier, son engagement, et le collectif qu’elle anime avec conviction et compassion 😉

PARCOURS

Laura est infirmière depuis 2017 et infirmière puéricultrice depuis septembre 2019. Elle travaille en réanimation pédiatrique de 2017 à 2018 puis se spécialise en tant que puéricultrice.

C’est sur le terrain, lors de ses stages en maternité, en PMI, en crèche, en réanimation néonatale, en pédiatrique, etc, que Laura se spécialise et apprend à « incarner » ses fonctions.

Ce qui m’a beaucoup apporté dans ma posture professionnelle, comme nous n’avons pas de cours de pédiatrie à l’école d’infirmière.

Laura C.

À présent Laura exerce son métier en service de réanimation pédiatrique. Elle et son équipe y accueillent des enfants de la naissance à l’adolescence.

LE COLLECTIF « JE SUIS INFIRMIÈRE PUÉRICULTRICE »

Nous avons créé le collectif JSIP avec un groupe d’infirmières puéricultrices en novembre 2020, qui a évolué vers un collectif le 07 janvier 2021. Nous œuvrons pour la reconnaissance de notre métier et plus particulièrement de notre spécialisation qui est la première spécialisation infirmière en terme d’effectif (près de 25.000 en France).

Nous faisons en sorte d’être présentes, visibles et disponibles pour les parents, notamment dans les actions mises en œuvre dans le cadre des projets 1000 jours.

Nous sommes souvent confondu(e)s avec nos paires auxiliaires de puériculture et nous aimerions mettre en lumière nos compétences et nos rôles auprès des enfants, des adolescents et des familles. Nous œuvrons également pour l’évolution de notre formation, un accès simplifié et son harmonisation, et pour la légifération des consultations de puéricultrice. En effet, nous ne sommes pas habilités aux yeux de la loi à travailler en libéral. Alors que notre formation de base s’avère être infirmière. Quid de l’IPDE ?

Nous militons en ce sens pour que notre métier ne soit plus méconnu du grand public, et ainsi, montrer que nos connaissances, nos compétences et notre expertise de l’enfant, de l’adolescent et de sa famille, sont au cœur de nos missions et de nos rôles.

L’INTERVIEW

1. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS SUR VOTRE MÉTIER ? EN QUOI EST-IL DIFFÉRENT DE CELUI DE L’AUXILIAIRE DE PUÉRICULTURE ?

Ces deux métiers sont totalement complémentaires et indispensables. L’AP est un diplôme délivré après 10 mois de formation et sans avoir obligatoirement le BAC. L’infirmière puéricultrice est une infirmière (3 ans d’études) qui s’est spécialisée (12 mois d’étude en plus) dans la petite enfance, l’adolescence et sa famille.

L’auxiliaire de puériculture exerce sous la responsabilité de l’infirmière puéricultrice. L’infirmière puéricultrice assure des soins et des activités que l’on appelle « de son rôle propre » (liés à ses compétences et capacités comme des soins d’hygiène et de confort) mais aussi « de son rôle prescrit » (bilan sanguin, préparation de médicaments,…). A la différence de l’auxiliaire de puériculture qui assure sous la responsabilité de l’IPDE uniquement les soins de confort, d’hygiène, de bien être, …

2. QUEL EST VOTRE RAPPORT AUX PATIENTS ET AUX FAMILLES DE VOS PATIENTS ?

Je dirais que c’est assez proche, mais avec une juste proximité. Nous sommes là dans un moment de vie assez particulier. Nous accompagnons et nous vivons un moment difficile avec ses familles.

C’est pour cela qu’il est essentiel pour nous de créer une relation appropriée par rapport au contexte de l’hôpital et des soins mais assez proche pour que cette étape soit des plus agréable possible.

Les parents sont présents lors des soins, nous sommes totalement disponibles pour eux, pour leur apporter des conseils et des réponses à leurs questionnement. C’est ce qui nous parait primordial.

3. SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE DANS LE PARCOURS DE PRISE EN SOIN DE VOS PATIENTS ? QUE CHANGERIEZ-VOUS ET POURQUOI ?

Il y en a tellement … La première je dirais la séparation, entre les mamans et leur enfant à la naissance. Nous sommes amenés à vivre ce genre de situation, quand les enfants sont transférés alors que la maman doit rester à la maternité. Nous accueillons aussi les papas qui sont souvent entre deux sentiments, celui de rester auprès de leur bébé et celui d’être auprès de leur compagne qui en plus de vivre l’accouchement, parfois prématuré, doivent vivre cette séparation. Nous proposons au papa de faire des visios avec la maman lorsque cela est possible, mais cela ne remplace pas la présence physique. Car c’est selon moi, ce qui est essentiel et primordial pour ces enfants, d’avoir leurs parents auprès d’eux.


Les quelques chiffres qui ont marqué votre carrière

4. VOUS ÊTES UNE PROFESSIONNELLE ENGAGÉE ET VOUS AVEZ DONC DES PROJETS POUR LE SERVICE, POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE DAVANTAGE ? L’ÉQUIPE VOUS SUIT ? VOTRE CADRE ÉGALEMENT ?

Oui exactement. Avec une collègue infirmière puéricultrice, nous mettons actuellement en place un projet allaitement et un autre sur l’oralité.

Nous avons été formés à ses thématiques pendant notre année de spécialisation et nous aimerions les mettre en œuvre au sein de notre service. Nous créons des documents comme la conservation du lait, ou des fiches à destination des infirmiers non spécialisés présents dans notre service, et peut être même au sein de l’hôpital. A long terme, nous souhaiterions réaliser des formations pour le personnel.

Dans le but, d’accompagner de façon adaptée les parents dans cette démarche. Nous avons commencé par ces deux projets car c’est ce qu’il manquait dans notre service et nous souhaitons étendre nos actions dans d’autres thématiques mais nous nous concentrons déjà sur celles-ci.

5. QUELLE EST LA 1ÈRE DEMANDE DES PARENTS QUI VOUS SOLLICITENT ?

Les demandes sont tellement variées mais elles dépendent aussi du contexte d’hospitalisation, de l’âge de l’enfant… Cela peut être « est-ce que je peux rester dormir auprès de lui ? ». En général, nous posons les questions concernant le mode d’alimentation, le sommeil et les habitudes de vie de l’enfant dès l’arrivée dans le service..

6. À QUEL MOMENT INTERVENEZ-VOUS AUPRÈS DES PARENTS ET/OU PRÉMAS ? À QUELLE ÉTAPE DU PARCOURS LES PARENTS SONT-ILS AMENÉS À VOUS RENCONTRER ?  

Dès le début ! Dès leur entrée dans notre service. Nous sommes toujours auprès des parents et de leur enfant.

Découvrir le collectif et suivre Laura, c’est par ici