ACTE 2 / ET MOI PENDANT CE TEMPS LÀ…

On a perdu les pompiers au dernier feu rouge. Luca s’inquiète.
« Elle est où Maman ? »

Arrivé devant la barrière du parking du CHU. Barrière fermée. Je suis bloqué devant et personne ne répond à l’interphone.

Ce n’était vraiment pas la peine de rouler si vite derrière les pompiers pour perdre autant de temps devant un parking sans accès.

Allez, on se gare un peu plus loin.

Mais où est Charlotte ? Oh Oui, super idée ! Jouons à « Où est Charlotte ? »…

Luca trouve un indice de taille : Le camion de pompier ! Il est toujours là ! Mais pas de Charlotte dedans…

On rentre dans le hall des urgences et là c’est ambiance Fort Boyard : un ascenseur à droite, une porte sécurisée inviolable à gauche, et bien sûr, personne pour assurer pour le groom service.

Je sais qu’on doit prendre l’ascenseur, mais pour aller à quel étage ?

Les portes s’ouvrent… Et là, comme par magie. Devinez qui sort de l’ascenseur ? Un pompier qui a amené Charlotte !!! Le jeu « Cherche et Trouve » prend fin lorsqu’il me donne la solution. Merci les pompiers !

6h00 du mat’ on a retrouvé Charlie Charlotte ! Luca est rassuré.

On rentre, comme des petites souris, dans la seule salle d’examen restée ouverte. Charlotte est allongée. Elle nous dit d’un air rassuré mais fatigué que notre puce est en vie. Une chouette nouvelle.

Visiblement la déco et/où le ménage dans cette pièce laisse à désirer… Le carrelage est de couleur « rouge sang moucheté ». C’est moche…vraiment pas joli à voir.

« Monsieur vous devez sortir on vous appelle tout à l’heure… ». Bon, visiblement, on dérange… En même temps pour Luca, cette scène c’est comme regarder un film interdit aux – de 16 ans.

L’attente est longue, surtout pour Luca…

« On joue à quoi Papa ? ». Oh nooooooon, il a posé la question !

Je n’ai pas de jeux de carte, on oublie le Poker ! Je n’ai pas de Domino, pas de Mikado… même pas un dé ! Une idée me vient ! Une Télé ! Il me faut une Télé ! Il y a toujours une pièce avec une TELEVISION !!!

DOUBLE EFFET KISS COOL : On a trouvé la Télé, LE DRAME… la Télé est HS !

De super jeux me viennent en tête. Je deviens roi de l’improvisation, prince de le débrouille, chef de l’innovation en matière de jeux tous moisis : Comptes le nombre de dessin qu’il y a sur les murs / Choisis une couleur et je dois la trouver / Ne marches que les carreaux noirs du carrelage à damiers 

Des jeux au top !!! Luca adore et me le fait savoir très vite…

Quelques jours plus tard (en réalité quelques minutes)… oui, le temps est plus long à l’hôpital. On nous appelle enfin pour voir Charlotte.

Ils vont l’emmener en salle de naissance…

En quoi ? En salle de quoi ? De naissance de quoi ? De naissance de qui ? Ah bon quelqu’un va naitre aujourd’hui ?? Ma fille va quoi ? Ma fille de – 2 mois va naitre quand ? MAINTENANT ! Ok ! Petite préparation mentale très rapide… Je suis prêt ! Comme si c’est moi qui allait faire le travail…

Luca ne peut pas rester, il est récupéré quelques années plus tard par des amis (oui, le temps devient très long). Au même moment, Charlotte m’appelle au téléphone. Arrivé très essoufflé, après avoir monté toutes ces marches à l’aide de l’ascenseur, je suis guidé par une infirmière.

« Monsieur, mettez cette « superbe combinaison » »

Traduction « superbe combinaison » : mochissime tissu dans lequel vous serez pris en photo pour les premiers clichés de la vie de votre fille 

Une première sage-femme me demande : « Vous voulez assistez à la césarienne ? ». Moi : « Oui. Évidemment. » Je suis content, je n’avais pu y assister la première fois pour Luca.

Une deuxième sage-femme arrive, un peu stressée et d’un ton ferme : « Non, non ! Monsieur vous ne pouvez pas rentrer dans le bloc opératoire ! » « On vous appellera dès que votre fille sera née. ». Moi : « Merci ».

Ok ! Dans ces cas-là on comprend assez vite que l’affaire se complique… Et bien évidement on vous invite à patienter dans cette petite pièce très lugubre, tout seul, sans personne qui ne vous informe ni ne vous rassure sur la situation. Une éternité passe par ici, au moins deux fois !! Et là, à 8h52… Des infirmières arrivent en trombe avec un bébé dans les bras, je les vois qui s’activent frénétiquement autour…

On ne m’appelle pas

Je regarde du coin de l’œil… Une sage-femme croise mon regard… Elle n’a plus le choix… « Venez Monsieur, c’est votre fille… ! ». Je la rejoins, peu confiant… la boule au ventre…

Mais pourquoi ne m’a-t-on pas appelé ?…